La méthode › Unité 12 : Accompagner comme un pro
Leçon 67 sur 72 · sus, add9, 6, 7M, m7 : une note qui change, une autre émotion
Dans l’accord parfait, c’est la tierce qui décide de tout : majeure, l’accord est lumineux ; mineure, il est mélancolique. Et si on l’enlevait ?
Remplace le Mi de Do – Mi – Sol par la quarte, le Fa : Do – Fa – Sol, c’est Csus4 (« Do sus quatre »). Remplace-le par la seconde, le Ré : Do – Ré – Sol, c’est Csus2. Sans tierce, l’accord n’est ni majeur ni mineur : il flotte, en suspens. Et il demande souvent à se résoudre sur l’accord parfait : le Fa descend sur le Mi, ou le Ré monte sur le Mi.
Do et Sol restent. Le Mi est remplacé par Fa (sus4, en orange) ou par Ré (sus2, en rose).
Le savais-tu ? : « Sus » vient de suspension, un procédé très ancien : dans la musique baroque, une note de l’accord précédent reste « suspendue » au-dessus du nouvel accord, frotte un instant, puis descend se résoudre. La pop a gardé le son… et le nom.
Chaque mesure : l’accord suspendu, puis sa résolution. Un seul doigt bouge à chaque fois ; écoute la tension se dénouer. Mesure 3, Gsus4 (Ré – Sol – Do) : le 5 descend du Do au Si, joué avec le 4.
Autre idée : garder la tierce et ajouter une note au-dessus de l’accord. Chaque note ajoutée apporte sa couleur :
Astuce : Am7 et C6 ont exactement les mêmes notes : La, Do, Mi, Sol ! C’est la basse qui décide : sur un La, tu entends Am7 ; sur un Do, C6.
Les notes de l’accord ensemble, dans l’ordre et l’octave que tu veux. Pense « accord de base + une note », ou « tierce remplacée » pour les sus.
Voici le secret de beaucoup de pianistes pop : ils jouent les mêmes grilles que tout le monde, mais ils colorent les accords. Prends C – Am – F – G, la grille des années 50 :
Grâce aux renversements, la main droite reste autour du Mi : de Am7 à Fmaj7, une seule note bouge, le Sol qui descend sur Fa !
Pourquoi on fait comme ça : Une couleur à la fois : chaque accord nouveau est d’abord comparé à l’accord simple, comme le majeur et le mineur à la leçon 44, puis essayé dans une grille que tu connais. L’oreille retient le son, la main retient la forme ; le symbole vient en dernier.
Attention : Ne colore pas tout, tout le temps : un add9 ou un 7M de temps en temps, c’est une épice. Sous une mélodie, vérifie que la note ajoutée ne frotte pas avec celle du chanteur.
Main droite seule, autour du Mi au-dessus du Do central. Regarde les doigts qui restent en place d’un accord à l’autre.
La même grille, en noir et blanc puis en couleurs : écoute comme Cadd9, Am7 et Fmaj7 changent l’atmosphère, sans changer la basse. La grille simple une fois, puis deux fois la version colorée. Main gauche : la basse sur 1 et 3. Main droite : deux noires par accord ; pour les couleurs, la main monte autour du Mi et n’en bouge presque plus.
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